Chapitre 1 : Jukebox Chapitre 3 Télécharger l'histoire complèteTélécharger l'histoire Écouter le chapitre 3Écouter le Chapitre 3

Chapitre 3 : Le jukebox

           – Plutôt satisfaisant comme fin n’est-ce pas? déclarai-je en levant mon verre.
          Ramy et Martha m’imitèrent, tout sourire.
          – Santé! a-t-on prononcé en cœur.
          Pendant un bon moment, nous étions simplement assis là, à manger des frites, le regard distrait. Ramy était penché vers l’avant, les bras reposant sur la table, absorbé par quelque chose qui se trouvait visiblement à l’arrière. À côté de lui sur la banquette, Martha s’était recroquevillée et assise sur ses jambes. Elle semblait mener une pénible lutte contre le sommeil. L’établissement était presque vide; Sam et ses amis étaient déjà partis et mis à part ce couple qui discutait avec la serveuse depuis notre arrivée, il n’y avait que nous.
          – Regardez ça, y’a un jukebox! s’exclama Ramy en pointant l’appareil au-delà du bar. Steve, donne-moi de la monnaie. Je veux voir ce qu’ils ont!
          Voilà ce qui avait attiré son attention. Je lançai quelques pièces sur la table et fermai les yeux. Quelques minutes plus tard, Rodeo Love, — à mon avis une des chansons les plus accrocheuses de tous les temps — ravissait mes oreilles. Je jetai un regard vers Martha, elle souriait.
           – J’adore les Billygoats! dit-elle.
          Le rythme était si exaltant que je ne pouvais m’empêcher de taper du pied malgré mon épuisement, pendant que Martha entonnait les lignes que sa mémoire avait conservées : « Ain’t gonna be the one… But I’ll be there when… » 
          – Allez, Mar, viens danser! Ramy, de retour à notre table, tendit la main vers Martha.
          – Nonnnnnnnnn… Je suis trop fatiguée. Je veux juste m’asseoir ici. Vas-y toi, a-t-elle répliqué les yeux à demi fermés.
          Il tourna son regard vers moi, haussa les épaules et se mit à danser de manière complètement ridicule. Martha et moi hurlions de rire. Il se démenait totalement pour nous et plus nous riions, plus sa gestuelle devenait absurde. C’est ainsi que nous avons été contraints de le rejoindre. À la moitié de la pièce environ, nous sautions tous les trois, frappant des mains, tournoyant bras dessus bras dessous et chantant à pleine voix. Nous étions épuisés, soulagés et surtout heureux — heureux, comme je ne l’avais jamais été, d’aussi loin que je me souvienne.
           En quittant le bar, nous avions décidé de passer les derniers moments de cette soirée sous les étoiles.
          – Avec tout ça, on n’aura même pas fait de camping! lança Martha en se levant, sur un faux ton d’indignation.
          Nous nous apprêtions à partir. Nous avons emprunté le sentier menant à la colline, que nous avions montée lentement nous efforçant de ne pas perdre pied sur le sol boueux, parsemé de pierres branlantes. De retour en forêt, nous avons repéré l’emplacement idéal pour installer notre camp. Dans notre empressement à trouver du secours, nous avions transporté l’équipement minimum. Heureusement, le temps doux était de la partie. Ainsi, nous avons étendu notre seul sac de couchage (que Ramy avait fixé à son sac à dos), sur un lit d’aiguilles de sapin. Ramy et moi nous sommes placés de chaque côté de Martha, qui de toute façon, avait choisi le centre. Pendant que je tentais de convertir mon sac à dos en oreiller, Ramy lui, amassait la terre sous sa portion du sac de couchage pour en faire un appui-tête. Martha pour sa part était déjà étendue sur le dos, la tête posée sur sa serviette roulée. Du faible reflet de la lune filtré par une canopée clairsemée jaillissait une lueur argentée rayonnant partout autour de nous. Du coup, ça m’a rappelé ces soirées de froid sibérien, passées à discuter dans la voiture des parents de Martha, en regardant la neige tomber et s’entasser, à la lueur des réverbères.

           Effectivement, durant l’hiver par temps froid, quand on n’était pas à l’intérieur pour jouer à Donjons et dragons, c’est dans la voiture des parents de Martha — qui lui accordaient cette permission en lui faisant toutefois promettre de ne pas aller trop loin — qu’on se retrouvait. Ainsi, on se rendait au parc Martha, Ramy et moi puis on restait là, dans la voiture, à discuter pendant des heures. Parfois, nos doigts devenus trop engourdis nous obligeaient à démarrer la voiture à quelques reprises durant la soirée.

           Sans trop savoir pourquoi, ces soirées comptaient parmi mes favorites. Parfois quand un silence s’installait, je m’abandonnais au sommeil, bercé par une douce mélancolie engendrée par l’épuisement et la magnificence des flocons cristallisés dans le pare-brise. Aussi, je me rappelle qu’on pouvait se tordre de rire et retrouver notre sérieux l’instant d’après lorsque des sujets complexes comme le sens de la vie, la mort ou des propos du genre étaient amenés. C’est en fait au cours d’une de ces soirées que j’avais parlé de sexe avec une fille pour la première fois. On devait avoir 14 ou 15 ans dans ce temps-là. Ramy, assis sur la banquette arrière tandis que moi et Martha occupions les sièges avant, venait de confirmer la rumeur — à propos de laquelle Martha se faisait un plaisir de le taquiner — voulant qu’il ait embrassé la sœur aînée de T.J.
          – Ouache! Tu l’as fait avec Nathalie? me suis-je exclamé incrédule.
          Une image de Natalie me vint alors à l’esprit : cheveux courts ébouriffés, lèvres luisantes, camisole noire, jean ajusté à jambe évasée dévoilant un string et bottes pointues à hauts talons. Sa chambre était au sous-sol. Un jour, lors d’une de nos nombreuses séances de jeux vidéo avec son frère, je l’avais vue se préparer pour sortir, tout en parlant au téléphone fixe. J’avais alors remarqué le tatouage d’une fleur au bas de son dos… de loin, on aurait pu le confondre avec une tache. Le pire c’est qu’au moment où elle m’avait surpris à la regarder, elle m’avait soufflé un baiser par la fente de sa porte. Après ça, je n’étais plus jamais retourné chez T.J.
          – C’est vraiment une salope! ai-je lancé, en bégayant comme un attardé. Y paraît qu’elle sort même avec un gars du cégep, qui te casserait sans doute la figure s’il savait!
          Les joues de Martha s’empourprèrent et ses yeux s’écarquillèrent. Elle retenait son souffle et jeta à Ramy un curieux regard de côté. Mon dos se raidit et je sentis subitement la moiteur de mes paumes. Puis, c’est mon ventre qui se noua et je commençai à respirer difficilement.
          – Ça va pas Steve? T’as jamais embrassé une fille ou quoi? plaisanta Ramy.
          – Quoi? Non… on s’en fout! Ben quoi! J’aime mieux pas l’avoir fait qu’avoir échangé d’la salive avec Nathalie! ai-je affirmé sur la défensive.
           À peine capable de placer un mot entre les rires niais, Martha s’y mit à son tour.
          – Alors Stevie, quel genre de fille tu frencherais alors?
          Une sueur froide inonda mon dos et un frisson parcourut ma colonne. Je poussai alors dans un balbutiement :
          – J’sais pas moi!
          – Ha ha! c’est parce qu’il est gai! cria Ramy derrière un large sourire, en frappant Martha du coude.
          Je n’ai alors rien répondu. Je suis plutôt resté là, aux côtés de Martha, yeux baissés, bras croisés, à faire la moue.
          – Voyons Steve relaxe, je plaisantais. Ramy voulut s’excuser.
          Je l’ai regardé du coin de l’œil, contrarié. Il avait le don d’agir comme un véritable con des fois. Or, le fait qu’il nous réserve environ le même nombre de pointes à Martha et à moi me rassurait en quelque sorte.
          – Et toi, Martha? questionna Ramy innocemment.
          – Qui moi? répondit Martha feignant l’ignorance. De quoi on parle?
          Le regard narquois, Ramy poursuivit avec insistance :
          – T’as déjà embrassé quelqu’un? Ses yeux en amandes se rétrécirent et son mince sourire évoqua le mystère.
          – Peut-être, répondit-elle dans un mouvement de tête qui démontrait une claire innocence, peut-être pas non plus.
          Son sourire s’était maintenant élargi. Dévoré par la curiosité, Ramy se pencha vers elle :
          – Ah oui, pis c’était avec qui? demanda-t-il.
          Je retins mon souffle, impatient d’entendre sa réponse.
          – Ha! Comme si j’allais te le dire! répondit-elle obstinée.
          La dynamique venait subitement de changer. Je me suis senti à la fois mal à l’aise et comme coincé au bord d’un précipice. C’est à ce moment que Ramy reprit de plus belle :
          – Allez Mar y’a rien là, tu peux nous le dire, on va le garder pour nous hein Steve? Martha fit non de la tête. Elle refusait de parler.

           Puis, nous étions restés muets pendant un long moment, jusqu’à ce qu’un de nous ait le courage de reprendre la parole. Après cette conversation ce soir-là, je savais que quelque chose ne serait plus comme avant. En effet, nous venions d’entrouvrir une porte que nous avions tenue jusque-là bien fermée. En ce sens, un malaise s’emparait de moi chaque fois que j’y repensais.
           – Tu crois que c’est notre dernière aventure? demanda sagement Martha, rompant le charme de la nostalgie auquel j’avais cédé.
          – Bien sûr que non, ai-je répondu sur un ton peu convaincant.
          À priori, Ramy ne dit rien. Il était demeuré étendu, la tête posée sur ses bras croisés, fixant les coins de ciel filtrés par la cime des conifères. Puis, le front songeur il se retourna vers Martha :
          – Pourquoi est-ce que ça devrait l’être?
          Je tournai mon regard vers Martha. Ses yeux étaient fermés. Les mots qu’elle a alors prononcés étaient si peu articulés que j’ai cru qu’elle parlait dans son sommeil :
          – Mais on s’en va tous dans différentes écoles?… Avec de nouvelles personnes…
          – Mais ce n’est pas une raison pour s’arrêter? déclara Ramy calmement.
          – Oui, c’est vrai, on sera toujours amis, ai-je repris. 
          Poussant un bâillement, Martha, visiblement épuisée, marmonna :
          – K, concluons un pacte alors. Elle prit quelques secondes pour reprendre son souffle et continua :
          – Une aventure par année, et ce, dès la fin des cours.
          – Comptez sur moi, dis-je animé.
          – Let’s do it, ajouta Ramy avec enthousiasme. 
          Martha s’était endormie peu de temps après, affichant sur son visage pâle, entouré de ses boucles châtaines rebelles, un sourire béat.

           Ramy s’était aussi endormi peu de temps après Martha. Bien installé dans sa portion du sac de couchage, les mains sur la poitrine, il ronflait sourdement. Pour ma part, bien qu’excédé de fatigue, je me sentais trop agité pour garder les yeux fermés. Je n’arrivai pas à me libérer de cette énergie nerveuse qui circulait en moi. Je me suis retourné vers Martha en me rapprochant d’elle. Ainsi, étendus l’un à côté de l’autre, nos visages séparés par seulement quelques centimètres, je pouvais l’entendre respirer. Pendant un long moment, immobile, je l’ai regardée, m’exerçant à tracer les contours de son visage dans ma tête. Ses yeux en amandes, la douceur de sa peau bronzée, magnifiée par quelques taches de rousseur… ses lèvres charnues, maquillées de quelques bleus...
          – Martha… ai-je murmuré. Elle ne répondit pas. Martha… dis-je sur un ton plus énergique.
          Ses paupières avaient bougé.
          – Mmmm…. marmonna-t-elle, les yeux à demi ouverts.
          – Salut, dis-je doucement.
          Elle sourit.
          – J’arrive pas à dormir Mar.
          Elle fit un signe de tête.
          – Mmm… pourquoi pas?
          J’hésitai.
          – Je sais pas… Je suppose que tout ça va me manquer.
          – Mais c’est pas la dernière fois qu’on le fait Steve…
          – Ouais mais… j’veux dire…, dis-je en bégayant d’une voix éraillée.
          – En fait…, c’est…toi qui vas me manquer.
          Martha me regarda alors d’un œil alerte :
          – Tu veux que je te dise un secret?
          Elle me dévisageait du regard sans cligner des yeux.
          – Ben oui, vas-y.
          – Te rappelles-tu de cette soirée, on était en secondaire 2… il faisait très froid dehors pis on s’était stationnés…
          – Ouais, je pense que je me rappelle, me suis-je empressé de dire pour l’empêcher de continuer.
          Comment aurais-je pu oublier? Cette conversation, qui était devenue un moment-clé de mon existence, allait me hanter toute ma vie.
          – Ben…puis elle s’arrêta.
          Trop nerveux pour parler, je retins mon souffle et me mordit la lèvre inférieure. Elle tardait à reprendre la parole.
          – T’sé, en fait, j’ai jamais vraiment embrassé quelqu’un….
          Je soupirai bruyamment, profondément soulagé. Dieu merci il faisait trop sombre pour qu’elle puisse voir l’immense bonheur qui se peignait sur mon visage. D’autre part, cette révélation m’avait vraiment étonné. À présent, elle me regardait intensément, les yeux grands ouverts, en attente de quelque chose.
          – Peut-être que je devrais, murmura-t-elle doucement, sur un ton que je n’avais jamais entendu auparavant, plutôt bizarre et résolu.
          J’étais bouche bée. Ses paroles avaient eu sur moi l’effet d’une douche froide. Après quoi un frisson parcourut tout mon corps. J’ai fermé les yeux, puis… on s’est embrassés. Ou plutôt, Martha m’a embrassé et je l’ai embrassée en retour. Jamais je n’oublierai la douceur de ses lèvres, le goût sucré de sa bouche, mon moment d’hésitation me rappelant sa lèvre enflée... la chaleur bienfaisante et le sentiment de paix ressentis… la conviction qu’elle serait mon seul amour… Puis, on s’était endormis en se tenant la main.

           Je me réveillai le matin suivant réconforté par un soleil qui tentait de se frayer un chemin à travers le feuillage. Je regardai Martha et Ramy. Ils dormaient encore tous les deux. J’étirai mes bras et bâillai bruyamment, tentant d’éliminer la raideur de mon corps.
          – Hé Mar, ai-je murmuré en me penchant vers elle.
          Elle semblait si sereine… Je l’embrassai doucement sur la joue de peur que le baiser de la veille n’ait été le fruit de mon imagination. Elle ne bougea pas. Sans doute était-il préférable de la laisser dormir, pensai-je. Après tout, on n’allait pas se rendre à cette binerie avant quelques heures. J’ai tiré mon sac vers moi pour y prendre ma bouteille d’eau et une poignée de noix. J’étais affamé. Le fait de me coucher tard stimulait toujours mon appétit.
          – Tu manges encore des noix? ai-je entendu marmotter d’une voix faible.
          Il souriait.
          – Pourquoi t’en veux? Ai-je répondu pour plaisanter.
          – Elles sont salées?
          – Oh non, tu vas pas recommencer…, l’ai-je averti en riant.
          Il maugréa et ria en guise de réponse.
          – Hé, où tu vas?
          Il se retourna et fronça les sourcils.
          –Tu veux vraiment savoir?
          – Oh non ça va, ai-je répondu tentant de dissimuler ma gêne. Vas-y.
          Hum… me suis-je dit en voyant Ramy disparaître dans les buissons, je pense pas que Martha m’en veuille si je lui prends une barre de chocolat… Dans un état encore trop léthargique pour me lever, je dus m’étirer en me tortillant bizarrement pour atteindre son sac, qu’elle avait placé à ses pieds. Comme j’y étais presque, je perdis l’équilibre et tombai carrément sur elle. Merde! Non seulement je vais me faire reprocher de lui avoir volé une barre de chocolat, mais aussi de l’avoir réveillée. Je m’en voulais. Étonnamment, Martha ne broncha pas. Quelque chose n’allait pas.
          – Martha? dis-je angoissé en lui secouant les épaules.
          Son visage demeurait impassible.
          – Ramy!!! Martha!... ça va pas!!! hurlai-je désespérément.
          Je vis alors apparaître Ramy courant vers moi, tout en bouclant sa ceinture.
          – Elle se réveille pas, criai-je encore une fois d’une voix stridente pendant qu’il s’approchait.
          Le front plissé par l’inquiétude, il s’accroupit près d’elle. Puis, d’une main, il souleva un côté de son visage et frappa sa joue opposée de l’autre.
          – Merde Steve! Qu’est-ce que tu viens de faire là!!! ai-je protesté, complètement estomaqué par la violence de son geste.
          – Attends, a-t-il dit sèchement.
          Il souleva ses paupières l’une après l’autre. Étrangement, ses pupilles ne s’étaient pas contractées.
           – Steve, me dit-il fermement me regardant droit dans les yeux, je reste ici pour m’assurer qu’elle arrête pas de respirer. Toi, tu cours à la ville chercher de l’aide.

           Le poids des paroles de Ramy conjugué à l’expression de son visage m’avaient donné l’impression qu’un trou noir s’était creusé sous mes pieds. Je cherchais désormais à m’accrocher à tout ce qui m’empêcherait d’y tomber. Pris de panique j’avais descendu la colline en courant à toutes jambes vers la ville. Merci à l’adrénaline qui m’avait fouetté le sang et avait endormi la douleur de mon genou qui s’était tordu en me butant à une roche. Ce qui se passa par la suite demeure très flou. Toutefois, je me rappelle avoir senti mon être se scinder en deux : une partie de moi parlait à la serveuse de la binerie tandis que l’autre restait là debout, juste à côté, et observait la scène des coulisses. Un policier local qui était venu prendre son petit déjeuner avait bien voulu appeler l’ambulance. C’est lui qui m’avait également ramené au camp. Nous avions tous les deux gravi la colline à toute vitesse pour y retrouver Ramy, le teint livide, tenant la tête de Martha sur ses jambes ….

           …. Par le temps qu’on arrive à l’hôpital régional, il était trop tard. Martha est morte dans les heures qui ont suivi, sans jamais sortir de son coma, issu d’une hémorragie interne, causée par un traumatisme crânien. Du moins, c’est ce que le médec-in a dit… je crois... J’arrive pas à me rappeler des détails… Tout ce que je sais c’est qu’on aurait pu la sauver si on avait eu de l’aide à temps. Jamais on n’aurait pu s’imaginer que ses blessures étaient si graves.

* * *

Martha

Me voilà ici, maintenant, presque deux ans plus tard... Là où on a campé ce soir-là… où tout a pris fin… au parc, sur ce flanc de coteau, qui auparavant s’ouvrait sur la forêt. En ce moment, je m’adresse à ce paysage et à ces fleurs en souhaitant que tu puisses m’entendre.

J’ai vu Ramy aux funérailles… On a perdu contact peu de temps après… C’était vraiment pas facile… T’avais l’air si paisible, allongée là, dans ta robe bleue d’été … les mains croisées sur la poitrine, partiellement couvertes par le bouffant du satin blanc… Je suis pas revenu souvent après ça… avec mes études, le programme COOP et tout…

Des tas de souvenirs m’envahissent : ton rire, ton sourire… notre baiser… je suis tellement désolé. Regarde, j’ai inséré cette histoire dans une bouteille, comme on avait prévu le faire il y si longtemps déjà… pour te dire quelque chose que je n’ai jamais eu le courage de te dire de ton vivant… Je t’aime Mar… je t’ai toujours aimée… et je t’aimerai toujours.

Salut.